Cet article est issu du webinaire du 28 avril 2026, co-animé par Meriç Oflas et Célina Barc d’hyffen et Julien Bismuth de Getfluence.
Vous souhaitez structurer votre stratégie GEO ? Découvrez nos services d’agence GEO et écrivez-nous à contact@hyffen.com.
Le replay de notre webinaire est disponible sur notre chaîne YouTube :
Contexte
56 % des sources utilisées par les IA pour construire leurs réponses proviennent de contenus tiers : articles de presse, publications éditoriales, avis, forums, réseaux sociaux. C'est le chiffre que révèlent les travaux de Yext, fondés sur 17,2 millions de citations IA analysées au T4 2025.
Ce que ça signifie concrètement : si vous travaillez uniquement votre propre site web, vous passez à côté de plus de la moitié du jeu.
Pire : les LLM peuvent s'appuyer sur vos contenus sans jamais citer votre marque. Vous existez dans leurs données. Vous n'apparaissez pas dans leurs réponses. C'est un angle mort que beaucoup d'entreprises n'ont pas encore mesuré.
Ce webinaire GEO s'adresse à toutes les marques qui veulent comprendre les logiques de sélection des IA et structurer une approche plus concrète, plus priorisée, plus actionnable.
Pourquoi 2026 marque un tournant
Trois constats structurent le propos :
- Le site web n'est plus le seul point d'entrée. La visibilité se joue désormais sur l'ensemble du web.
- Les règles ont changé. Les IA peuvent construire une représentation de votre marque à partir d’un ensemble de signaux : votre site, mais aussi des contenus tiers, avis, forums, médias, comparateurs et bases de données accessibles. Une marque qui ne travaille pas ces sources laisse d'autres écrire son histoire à sa place
- Être utilisé ne signifie pas être cité. Les LLM peuvent s'appuyer sur vos contenus pour construire leurs réponses, sans jamais mentionner votre marque. Un angle mort dangereux pour vos KPIs et pour la perception de votre notoriété.

Comment fonctionnent les LLM et où agir
Avant d'agir, il faut comprendre le mécanisme. Les modèles construisent leurs réponses en deux temps :
Le corpus d'entraînement : une base de connaissances qui n’est pas mise à jour en temps réel et peut présenter un décalage avec l’actualité. On ne peut pas y agir directement.
Le retrieval : quand une question porte sur une marque ou une information récente, le modèle déclenche une recherche web et sélectionne des URL sources pour alimenter sa réponse. C'est là que se situe notre levier d'action.
Au cœur du modèle : le mécanisme d'attention. Il attribue un poids à chaque attribut associé à une marque : qualité, prix, valeurs, innovation, preuve… Plus un attribut est renforcé dans les sources consultées, plus la marque remonte sur les questions liées à cet attribut.
La visibilité dans les IA se construit donc au croisement du SEO, du contenu, de l'e-réputation, des sources tierces et de la preuve. Ce n'est pas une discipline à part, c'est une extension logique de ce qu'un bon référencement a toujours exigé.
Comme le résume Danny Sullivan : “Good SEO is good GEO.”
Les 5 actions GEO à mettre en place

Action 1 — Identifier les questions à fort potentiel
La première étape consiste à passer d'une logique de mots-clés à une logique de prompts décisionnels. Il ne s'agit pas seulement de savoir ce que les internautes tapent dans Google, mais de comprendre ce qu'ils pourraient demander à ChatGPT, Gemini, Claude ou Perplexity au moment où ils cherchent à comparer, choisir, acheter ou se rassurer.
Comment construire ces prompts ?
- Partir des requêtes SEO déjà connues et performantes
- Utiliser les blocs People Also Ask de Google, qui reflètent les vraies questions des internautes
- Analyser les requêtes secondaires et exploiter Bing Webmaster Tools
- Interroger les clients pour comprendre leurs vraies formulations
- Raisonner par persona, contexte, usage et moment de décision
Les cinq familles de prompts à surveiller :
- Perception : "Comment cette marque est-elle perçue ?"
- Recommandation : "Quelles sont les meilleures solutions pour… ?"
- Comparaison : "Quelle différence entre X et Y ?"
- Informationnel : "Comment fonctionne… ?"
- Usage : "Quel outil choisir si je dois… ?"
Action 2 — Structurer des contenus qui inspirent confiance au modèle
Une fois les bonnes questions identifiées, il faut travailler des contenus que les IA peuvent comprendre, extraire et réutiliser. Les LLM fonctionnent par proximité sémantique et signaux de confiance : ils cherchent à relier une marque à des attributs précis : expertise, prix, qualité, usage, preuve, différenciation.
Les leviers qui fonctionnent :
- Intégrer des études récentes avec des chiffres sourcés, les modèles les valorisent fortement
- Structurer en paragraphes courts (chunks) facilement extractibles
- Contextualiser les témoignages clients en les reliant à un attribut précis de marque — un avis sur la qualité placé juste après un paragraphe sur la qualité, pas dans un bloc générique en bas de page
- Accepter la comparaison avec d'autres acteurs : un contenu qui ne parle que d'une seule marque, sans nuance ni perspective externe, est perçu comme promotionnel et écarté
- Apporter un point de vue documenté et utile, pas un argumentaire commercial
Résultat observé avec ce format chez Getfluence : 60 % de mention de marque dans des réponses où la marque n'apparaissait pas initialement.
Action 3 — Identifier les sources réellement utilisées par les IA
Ne choisissez pas vos sources au feeling. Les réponses IA sont volatiles : une source peut apparaître un jour et disparaître le lendemain. Il faut analyser les réponses dans la durée, idéalement quotidiennement, pour dégager les sources réellement récurrentes (en moyenne, 37 % des sources se répètent sur un même prompt).
Ce qu'il faut repérer :
- Les domaines les plus souvent cités sur vos prompts stratégiques
- Les pages précises utilisées comme sources (pas seulement les domaines)
- Les concurrents cités et sur quels sujets
- Les typologies dominantes : médias, forums, institutionnels, comparateurs…
- Les sources stables versus les sources volatiles
- Les domaines activables via partenariat, RP, contribution ou contenu sponsorisé
Une nuance importante : distinguez les domaines qui ressortent avec beaucoup de pages différentes de ceux qui ressortent avec une seule page très forte. Dans le premier cas, créer un nouveau contenu sur ce domaine est pertinent. Dans le second, mieux vaut chercher une citation ou une mise à jour sur la page déjà utilisée par l'IA, créer une nouvelle page risque d'être ignoré.
Pensez aussi à vérifier que les robots d'exploration IA (GPTBot, ClaudeBot, Gemini…) sont bien autorisés dans les fichiers robots.txt des sources cibles. Un contenu bloqué ne peut pas être indexé, quelle que soit sa qualité.
Action 4 — Publier le bon format dans les bonnes sources
Une fois les sources identifiées, il faut activer les bons leviers pour y faire apparaître votre marque. Les formats possibles sont nombreux : articles sponsorisés, contenus éditoriaux, citations dans des articles existants, contributions expertes, témoignages, comparatifs, interventions dans des forums, contenus en anglais quand le secteur le justifie.
Mais le format ne suffit pas : c'est le contexte de la mention qui fait la différence.
Une citation isolée ne suffit pas. Elle doit être associée à un attribut, un usage, une preuve ou une problématique claire. Plutôt que de chercher une mention générique de marque, cherchez une association du type : marque + expertise + usage + preuve + contexte concurrentiel.
Pour choisir entre créer un contenu ou s'appuyer sur l'existant :
- Si un domaine est fréquemment cité avec de nombreuses pages, créez un nouvel article sur ce domaine
- Si un domaine est cité massivement via une seule page, cherchez à obtenir une mention ou une mise à jour sur cette page précise
C'est cette deuxième approche - obtenir une mention dans un article déjà sourcé par les IA - qui représente souvent le levier le plus rapide et le plus efficace. Délai observé : remontée dans les réponses ChatGPT en 20 à 25 jours après publication.
Action 5 — Se différencier avec des pratiques sous-utilisées
Vos concurrents peuvent activer les mêmes méthodes. Pour prendre de l'avance, il faut aller plus loin que la simple publication d'articles.
Les leviers de différenciation évoqués :
- Analyser les query fan-out : les requêtes intermédiaires que les IA génèrent en interne pour construire leur réponse. Elles sont accessibles via certaines extensions Chrome et permettent de cibler des angles que vos concurrents ne voient pas.
- Travailler les contenus comparatifs - "meilleur", "top", "comparatif" - qui remontent fortement dans les fan-out.
- Produire certains contenus en anglais : la majorité des LLM sont entraînés sur des corpus anglophones. Avoir des versions anglaises de vos contenus augmente significativement vos chances d'être sourcé, même sur des marchés francophones.
- Décloisonner SEO, netlinking, RP, GEO et e-réputation : un article de netlinking peut aussi remonter dans les IA s'il mentionne bien la marque dans ses titres. Un article GEO peut aussi générer du jus SEO s'il contient des liens. Les deux stratégies se nourrissent mutuellement.
- Vérifier l'accessibilité aux robots IA sur chaque source envisagée, avant de contractualiser.
- Suivre la visibilité dans le temps et ajuster : taux de citation de la marque, part de voix face aux concurrents, sentiment associé, sources récurrentes, typologies de sources, présence par famille de prompts et persistance de la marque dans le temps. L’objectif n’est pas seulement d’apparaître une fois mais de devenir une réponse récurrente dans les bons contextes.
Le GEO n'est pas une action ponctuelle. C'est un processus itératif. Tester, mesurer, ajuster, revenir sur les prompts, revoir les sources, modifier les formats et recommencer. À partir de l'étape 5, revenez régulièrement à l'étape 1 pour affiner l'angle, le persona ou le format.

Les points de vigilance à garder en tête
- Le SEO reste la base. Les LLM peuvent s’appuyer sur des résultats bien positionnés dans Google pour identifier ou prioriser certaines sources. Pas de GEO solide sans fondations SEO solides. Les deux disciplines sont complémentaires, pas concurrentes.
- Le trafic direct depuis les LLM reste encore marginal dans la plupart des analytics, souvent inférieur à 1 %. La vraie valeur du GEO, c'est d'être cité pour déclencher une recherche Google branded ensuite. L'internaute qui voit votre marque dans une réponse IA va taper votre nom dans Google pour en savoir plus. D'où l'importance d'avoir une landing page optimisée en bout de chaîne.
- Ne mettez pas tous vos œufs dans le même panier. Les modèles évoluent vite. Ce qui fonctionne aujourd'hui peut changer dans 6 mois. Diversifier les sources, les formats et les types de contenus reste la meilleure protection.




